Cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Perpignan
Historique
La cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Perpignan est un édifice construit entre 1324 et 1509. Elle est la cathédrale du diocèse d'Elne, puis, à partir de 1602 de Perpignan.
Elle succède à un autre édifice dédié à saint Jean-Baptiste, l'église Saint-Jean-le-Vieux, construite aux XIIe et XIIIe siècle (consacré en 1246), qui subsiste à son flanc nord. Cette église, siège de la paroisse primitive de Perpignan créée en 1025, devint le siège d'une communauté de chanoines augustins en 1102.
Dès 1230, la chapellenie majeure de cette communauté fut unie au siège épiscopal d'Elne. En 1324, alors que Perpignan était la capitale du royaume de Majorque, le roi Sanche lança le chantier du nouvel édifice qui, s'il n'était pas la cathédrale en titre du diocèse, n'avait pas moins l'ambition de le devenir.
Pour remplacer le cimetière situé au sud de Saint-Jean-le-Vieux, dont l'espace devait être occupé par la nouvelle construction, on avait commencé dès 1298 par construire un vaste cloître-cimetière situé plus au sud, au détriment d'un espace déjà urbanisé.
La nouvelle église devait comporter trois nefs, un court transept et un chevet simple à trois absides, les bas-côtés étant flanqués de chapelles. Le chantier lancé en 1324 ne connut une activité soutenue que durant moins de vingt ans, l'absidiole sud du chevet étant la seule partie atteignant une certaine hauteur de construction, grâce aux libéralités de la sœur du roi, Sancie de Majorque, reine de Naples.
Dès 1344 en effet, ce fut la fin du petit royaume, et quatre ans plus tard, les ravages de la peste noire mirent un coup d'arrêt à l'entreprise. Pendant plus de soixante ans, le chantier n'avança que très peu ou pas du tout. C'est sous l'épiscopat de Jérôme d'Ocon, au début du XVe siècle que la construction reprend, semble-t-il, sous l'impulsion de Galceran Albert, administrateur du diocèse. Le maître d'œuvre de l'édifice est alors le majorquin Guillem Sagrera, cité comme tel en 1416 et qui continuera ses fonctions malgré son retour à Majorque en 1422.
En 1436, Galceran Albert, parvenu à l'épiscopat, change, sans doute selon le projet de Sagrera, le plan de l'édifice projeté : la construction est réduite à une seule nef, de grandes largeur (18 m) et hauteur (26 m), flanquée de chapelles entre contreforts qui remplacent les bas-côtés initialement prévus. Ce choix traduit le désir d'une édification plus facile et moins coûteuse, en même temps qu'un choix esthétique en faveur de la nef unique qui s'est imposée depuis la fin du XIIIème siècle comme la formule-type des grandes églises dans le domaine méridional.
La construction suit à partir de ce moment un rythme régulier, progressant d'ouest en est: c'est au cours la première occupation française du Roussillon, entre 1490 et 1493, que le sanctuaire est voûté. La première messe est célébrée en 1504, alors que l'édifice est solennellement consacré le 16 mai 1509, cent quatre-vingt cinq ans après la pose de sa première pierre.
Description
La cathédrale actuelle est du plus pur style gothique méridional : large nef unique (80 mètres de longueur, 18 de large, 26 de hauteur) de sept travées s'ouvrant sur un transept et une vaste abside à sept pans.
La façade occidentale ne semble pas avoir été achevée. Lors des restaurations aux XIXème et XXème siècles, la fenêtre gothique de la façade fut rétablie, des photographies anciennes montrant la façade percée d'une grande baie rectangulaire. Le porche, ainsi que l'actuelle tour de l'horloge, furent établis au XVIIIème siècle.
Le mobilier de la cathédrale est riche. Parmi les nombreuses pièces, il est à mentionner le retable du maître-autel (XVIème au XIXème siècle, il eut une histoire mouvementée), l'orgue (dont l'origine remonte à 1504 : les panneaux peints et sa décoration remontent à cette date), les vitraux néo-gothiques (deuxième moitié du XIXème siècle), et bien sûr le splendide Dévot Christ du XIVème siècle (exposé dans la chapelle du même nom, attenante à la cathédrale et dont l'origine remonte au XVIème siècle).
Le Campo Santo
Attenant au côté sud de l'édifice, le Campo Santo (ou Cloître Saint jean) était le cloître funéraire de la cathédrale. Il est d'ailleurs la plus ancienne construction de ce type subsistant en France. Sa construction débuta selon toute vraisemblance au tout début du XIVème siècle (voire même fin XIIIème), et s'étala durant toute la première moitié du XIVème.
Après la Révolution, des constructions parasites vinrent se greffer sur l'édifice, qui fut alors sévèrement endommagé. Il faudra attendre 1984 pour que la décision soit prise par le conseil général des Pyrénées-Orientales de dégager l'emprise du cloître. La restauration s'acheva en 1991.
Il ne reste donc plus aujourd'hui que les enfilades des enfeus, dont une bonne partie a été rétablie lors des restaurations. Quelques éléments de sculptures (pierres funéraires, bas reliefs) sont intégrés dans les parois de ceux-ci. Les galeries en claires-voies qui entouraient le cloître ont disparu au cours du XIXème siècle, et lors du déblaiement du site de nombreux éléments (colonnes, chapiteaux) les constituant ont été déblayés et transportés au Couvent des Minimes de Perpignan pour les entreposer. On pourrait envisager un rétablissement partiel de ces galeries pour donner une idée de ce qu'avait pu être le monument avant son démantèlement, comme ce qui a été fait pour le cloître de l'abbaye de Cuxa, dont environ la moitié a pu être rétablie.
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